Il suffit d’un signe

28 novembre / Le dicton du jour  (Saint-Virgile)
Virgile était un bon vigile
Il était Vigilent, mais lent
Il était vigie, auparavant
Mais manquait de ballant

 

La nouvelle du jour / Il suffit d’un signe

Un pigeon picore une flaque de vomi séché, disputant sa pitance avec quelques mouches énervées. Il fait trop froid pour qu’il y ait des mouches dehors. Elles ont dû s’enfuir par une fenêtre mal fermée. Il ne va pas tarder à faire nuit, il faut que je me dépêche. Je presse le pas. Je n’avais aucune envie de quitter ton lit, de me décoller de toi, de me rhabiller, de me retrouver dehors ni de rentrer chez moi. A chaque fois, je me dis c’est la dernière fois que je rentre chez moi et puis je finis toujours pas rentrer. C’est compliqué. Il ne suffit pas de prendre la décision, peut-être que j’attends que la décision s’impose d’elle-même. J’étire le temps comme un élastique en espérant qu’il claquera par le bon bout pour que je ne le prenne pas dans la figure. Je me rappelle, sur mon banc d’école, qu’il y avait un petit con derrière moi qui s’amusait chaque jour à me claquer un élastique dans la nuque. J’espérais qu’un jour son élastique finirait par lui mordre sa sale petite bouille de caïd, mais cela ne s’est jamais produit. Du moins, je ne m’en souviens pas. Je ne me dépêche plus. Je suis en retard. Je trouverai une excuse. Ce ne sont jamais les excuses qui manquent. C’est plutôt le courage de dire la vérité. D’avouer que cette vie ne me convient pas. Je ne veux plus me cacher, mais je me cache quand même. Je repousse le moment inéluctable où il sera trop tard. Où il sera impossible de faire demi-tour, comme si je voulais arriver au moment où aucune explication ne sera nécessaire parce que plus rien ne pourra me faire revenir en arrière, quelle que soit la direction que je prendrais. Je m’assois à un arrêt de bus. Reprendre ma respiration. Mon souffle fait des petits nuages éphémères de vapeur d’eau, j’essaie de faire un rond de fumée, mais c’est impossible. Il y a tant de choses impossibles que je voudrais faire. En aimer deux à la fois. Ne pas avoir à choisir. Ne pas les faire souffrir. Ne pas en souffrir. Peut-être que j’attends un signe pour savoir si la balance penchera d’un côté plutôt qu’un autre. Un bus passe sans s’arrêter. « Dépôt. Ne prends pas de voyageurs ». Ce n’est pas un signe, ça. Un homme barbu, entre deux âges me demande du feu, je n’en ai pas, je ne fume plus depuis sept ans. Ce n’est pas un signe non plus. A quoi reconnaît-on un signe ? Je reprends la marche. J’ai hésité à repartir dans l’autre sens, vers le lit que je venais de quitter. Mais non, je rentre chez moi qui n’est plus tout à fait chez moi mais encore un peu chez moi. Je traîne, regarde les vitrines qui se préparent déjà pour Noël. Si seulement je pouvais moi aussi me préparer pour ce qui m’arrivera dans un mois, mais je suis incapable de savoir ce qui va se passer dans dix minutes, quand je serai de retour à la maison. J’ouvre la porte d’entrée. La table est mise et une bonne odeur de cuisine m’accueille. Je prends les devant.

–          Je suis en retard parce que…

–          Ce n’est pas grave ma chérie, c’est juste prêt, on passe à table. Je t’ai fait des pigeons que j’ai pris ce matin au marché.

Et je revois la flaque de vomi séché qui me fait signe.

Ecrite dans la nuit du 27 au 28 novembre 2013 au Haillan. J’ai essayé de tout écrire pour qu’on ne puisse pas savoir si le narrateur est un homme ou une femme jusqu’à la fin… mais je suis sûr que vous aviez pris votre parti bien avant les dernières lignes.

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Tout va bien ?

27 novembre / Le dicton du jour (Saint-Séverin)
Chère Séverine
Sois plus câline
Que cette épine
D’aubépine

 

La nouvelle du jour : Tout va bien ?

J’ai allumé le feu dans la cheminée parce que j’ai froid. Non, en fait, je l’ai allumé pour qu’il me tienne compagnie, pour écouter ses crépitements sur mon silence, pour le regarder vivre, jouer, lécher, mordre, danser. Je n’avais qu’un peu de petit bois et deux bûches. Si je veux qu’il continue à me parler, je vais devoir bientôt sortir dans la nuit pour trouver de quoi le nourrir. D’ailleurs, ça me fait penser que je n’ai pas mangé, j’ai encore oublié. Tout à l’heure, j’irai me servir dans le frigo, il reste un peu de poulet. Elle est venue manger dimanche et je lui ai cuisiné un poulet. Elle m’a dit que c’est ridicule de faire un poulet pour deux, surtout à cause de tous ces enfants qui meurent de faim. Je n’ai pas répondu. Jamais aucun de mes enfants n’est mort de faim. Je n’avais pas grand-chose à lui dire. Je lui ai demandé si elle allait bien, elle m’a dit oui et j’ai approuvé de la tête, comme pour lui donner raison, mais elle ne m’a pas demandé si moi j’allais bien. J’ai pris aussi des nouvelles de sa mère parce que la dernière fois elle m’avait dit qu’elle allait se faire hospitaliser. Elle m’a dit que sa mère aussi allait bien maintenant, alors je n’ai pas insisté. On a aussi parlé un peu du temps, parce qu’il fait plutôt froid pour la saison, mais je suppose que s’il avait fait plutôt chaud pour la saison, on en aurait parlé aussi. Elle n’est pas restée longtemps après le café, parce qu’elle avait des choses à faire. Je ne lui ai pas demandé quelles choses. D’ailleurs, moi aussi j’avais des choses à faire. Il faut que je finisse de rentrer le bois dans le hangar, que je ramasse toutes ses feuilles mortes sur la pelouse et que je finisse de faire les cadeaux pour Noël. Mais dimanche, je n’ai rien fait, j’ai encore le temps. Tout à l’heure, je suis allé chez le voisin, ce n’est pas un mauvais bougre même si je crois qu’il n’a plus toute sa tête depuis que sa femme l’a quitté, mais on n’a pas parlé de ça. Sauf en partant, il m’a dit « Christine vous embrasse ». Après tout elle est peut-être revenue, mais ce ne sont pas mes affaires et je ne me mêle pas des affaires des autres, pas plus que j’aime que l’on se mêle de mes affaires. Il ne reste plus que des braises dans la cheminée. Je me souviens, ma fille appelait ça des « brindilles de feu ». Je notais toutes ses phrases dans un petit carnet rouge, je dois encore l’avoir quelque part, il faudra que je remette la main dessus. Encore une fois, le temps est passé trop vite, sans que je m’en rende compte.

On frappe à la porte. Ça ne peut pas être elle, il est bien trop tard et puis on n’est pas dimanche. C’est une jeune femme, elle entre, habillée tout en blanc.

–          Tout va bien ce soir Monsieur Fernand ? Besoin de rien ?

–          Si, je voudrais bien que vous alliez me chercher quelques bûches, pour le feu qui est en train de s’éteindre dans la cheminée.

–          Quelle cheminée ? Je reviendrais dans une heure pour vous coucher. Ne craignez rien, ils ont monté le chauffage dans les chambres.

 

Ecrite les 26 et 27 novembre 2013 au Haillan, parce que je venais d’allumer le feu dans la cheminée, mais il ne reste plus de poulet dans mon frigo.

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L’hésitation

25 novembre / Le dicton du jour (Sainte-Catherine)
Catherine avait un joli chapeau
Vieillot, très rigolo
Mais elle n'avait rien de charlot
Sous ses oripeaux

 

La nouvelle du jour : L’hésitation

Un cœur maladroitement tracé au feutre, avec deux initiales à l’intérieur, V et S, mais aucune flèche ne transperce l’organe. Une bite stylisée, de taille moyenne, d’où jaillissent quelques gouttes. Un numéro de téléphone. Une phrase écrite dans un français approximatif vantant les mérites oraux d’une certaine Sabrina. Peut-être s’agit-il aussi de son numéro de téléphone. Peut-être est-elle ce S gravé dans le cœur. Auquel cas, on peut également supposer que le sexe dressé est celui de V (Victor ?), son petit ami de cœur, chez qui elle provoque des réactions assez spontanées. Les murs jaunâtres suintent et pèlent. De nombreux graffitis sont à moitié effacés, sans doute par le temps et l’érosion plutôt que par une femme de ménage à moitié efficace.

Au plafond pend une ampoule nue qui grésille et crache plusieurs fois par minute des petits flashes d’agonie. Le dérouleur de papier hygiénique est vide. Derrière la cuvette, des feuilles de journal froissées laissent comprendre que cela arrive régulièrement. C’est un journal de la semaine dernière. Le lavabo est incrusté de crasse.  Sur la porte, un judas a été occulté avec du scotch de déménageur. Peut-être tout simplement s’agit-il d’une porte de récupération qui, à l’origine, n’était pas destinée à fermer des WC. Je n’ose pas envisager d’autres hypothèses. Le carrelage au sol a dû être blanc, ce qui ne devait pas être une très bonne idée. De toute façon, il ne l’est plus.

Ça sent la vieille urine mélangée au savon bon marché, ce qui sous-entend quand même que certains osent tourner la poignée du robinet pour se laver les mains. Je ne leur jette pas la pierre, c’est le genre de pièce où, même si on ne touche à rien, on a une furieuse envie de sa laver les mains en la quittant.  Il y a d’autres relents, on le sent bien à cette acidité qui picote les narines, le tout baigné dans une odeur de moisi et d’eau stagnante.

A la maison, je pisse toujours assis, mais là, j’hésite.

 

Ecrite le 25 novembre 2013 à Bordeaux. Je venais de croiser un cœur avec deux prénoms tracé sur un mur extérieur. Le reste n’est que fiction, sauf un détail. Chez moi, je pisse toujours assis.

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Laissez-moi rire

21 novembre / Le dicton du jour (Saint Dimitri)
Demander à Dimitri
De se démettre
Autant lui faire mettre
Des piles dans sa batterie

 

La nouvelle du jour : Laissez-moi rire

Là, à cet instant même, ils partirent d’un grand éclat de rire. Impossible de savoir ce qui avait déclenché cet incident. Le repas se déroulait le mieux possible, les plats se succédaient selon un protocole bien huilé, les invités triés sur le volet avaient un comportement conforme à ce que l’on pouvait attendre d’eux, aucun sujet de conversation n’avait dépassé la limite de la bienséance autorisée. C’était parfaitement incompréhensible.

La caméra de surveillance permit toutefois à l’enquêteur de repérer quelques indices avant-coureurs. Déjà, en passant à table, un homme (dont le portrait robot a depuis été largement diffusé) a interverti discrètement quelques cartons posés sur les assiettes et destinés à attribuer à chacun la place qui lui était échue. Cet homme-là ne figurait pas sur la liste des invités et une enquête est ouverte afin de déterminer comment il a pu se glisser dans la réception. C’est ainsi que Madame Lecoin s’est retrouvée assise à côté de Monsieur Raviet, alors que ce n’est pas du tout ce qui avait été prévu. Toutefois, personne ne s’en rendit compte.

Ensuite, lors de l’arrivée du troisième plat (un précipité de caguioles sur lit de verdure rosée), ladite Madame Lecoin laissa tomber sa serviette par terre et son voisin (Monsieur Raviet) se pencha pour la ramasser, dans un geste qui, après analyse, pourrait sembler un peu trop insistant. Pourtant, les images démontrent que Madame Lecoin n’a pas eu d’expression particulière pendant le laps de temps où Monsieur Raviet était hors de portée de la caméra.

Enfin, peu avant ce fameux éclat de rire, les images vidéo se sont avérées brouillées, mais il semble qu’il s’agisse là d’un banal incident technique et non pas d’un sabotage délibéré.

Evidemment, aussitôt que l’éclat de rire s’est généralisé, il a fallu intervenir. Pour l’heure, il est encore impossible de savoir qui l’a déclenché ni surtout ce qui l’a provoqué, mais de forts soupçons pèsent sur les épaules conjointes de Madame Lecoin et Monsieur Raviet. Reste à savoir s’ils ont été manipulés ou s’ils sont au cœur de ce complot.

Quoiqu’il en soit, des mesures strictes de sécurité ont été prises afin que jamais un tel scandale puisse se reproduire. Le Ministres de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, qui était présent au dîner, y a d’ailleurs risqué sa tête.

 

Ecrite le 21 novembre 2013 au Haillan, à partir de la phrase « là, à cet instant même, ils partirent d’un grand éclat de rire… »

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Les mouches

8 novembre / Le dicton du jour (Saint-Geoffroy)
Geoffroy, de bouillon
En était fort gourmant
Mais ce grand couillon
Etait un mauvais amant

 

Les mouches

Photo JMLB

Photo JMLB

Les mouches l’énervent. Elles le réveillent de sa sieste en bourdonnant, se posent sur son visage et s’y promènent sans pudeur. Elles se posent sur son clavier d’ordinateur, sur son écran. Elles inspectent les miettes de gâteau sur la table basse, se noient dans son café. Elles copulent devant lui, le narguent. Elles le suivent partout dans la maison. Il faudrait qu’il les tue. Toutes. Mais ça ne sert à rien, il a déjà essayé. Elles reviennent. Toujours. Toujours le même nombre, une dizaine. On dirait les mêmes, comme si elles renaissaient de leurs cendres dans la cheminée où il dépose leur cadavre après les avoir écrabouillées avec une tapette. Il ne sait pas d’où elles viennent, par où elles entrent chez lui. Il vit seul. Tout est fermé. Il imagine un nid à mouches grouillant au fond d’un placard, se nourrissant du cadavre d’une souris crevée, mais c’est impossible, ça sentirait, il l’aurait senti. Chez lui, il y a juste ce désagréable relent de tabac froid, mais pas d’odeur de mort. Quelque fois, il se dit que la pourriture est peut-être en lui, que les mouches sortent de sa bouche quand il dort et c’est pour ça qu’elles le suivent partout, comme les poussins ne peuvent se détacher de leur mère poule.

 

Ecrite au Haillan, le 6 novembre 2013, juste après avoir été réveillé de ma sieste par des mouches insistantes.

 

 

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Jeux d’écriture

7 novembre / Le dicton du jour (Sainte Karine)
Il fait le bellâtre
Pour séduire Karine
Aux seins d'albâtre
Et au teint d'ivoirine

 

La nouvelle du jour : Jeux d’écriture

Elle l’avait rencontré au casino, devant une machine à sous. Visiblement, c’était un séducteur expérimenté, mais elle n’avait rien à perdre et pensait avoir assez d’atouts dans sa manche pour gagner la partie. Il s’était montré enjoué, il lui avait sorti le grand jeu. Champagne, sourire charmeur, humour, galanterie, jeux de mains et elle s’était laissé conquérir comme on cueille un fruit mûr gorgé de sucre. Même si le scénario servi sur un plateau était quelque peu vieux jeu, et qu’elle avait parfaitement vu clair dans son jeu, il avait bien tiré son épingle du jeu.

Il lui demanda si elle avait des jeux interdits, mais elle était sans tabou et son petit jeu la conduisit le soir même dans son lit. Nuit après nuit, elle était devenu son terrain de jeu et cela lui allait très bien comme ça, du moment que c’était elle qui fixait les règles du jeu.

« Jouer avec toi, oui… mais me jouer de toi, non. » Pourquoi  lui avait-il dit ça l’autre jour ? Il n’était pourtant pas du style à faire des nuances ou à jouer avec les mots. D’abord, c’était elle qui menait le jeu, pas lui. Il l’amusait. Avec lui, elle jouait au chat et à la souris, elle le menait pas le bout du nez. Du moins, le croyait-elle. Sans s’en rendre compte, elle se laissa prendre à son propre jeu et perdit son libre arbitre. Elle tomba amoureuse. Elle n’avait pas bien mesuré l’enjeu.

 

Ecrite le 5 novembre 2013 au Haillan, à partir de la phrase soumise à mon imaginaire : « jouer avec toi, oui… mais me jouer de toi, non ».  » il lui avait pourtant dit ça l’autre jour, pourquoi ? »

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La cible

6 novembre / Le dicton du jour (Saint-Léonard)
Un beau jour Léonard
Tomba dans un traquenard
Mais comme il était balèze
Il s'en sortit à l'aise

La nouvelle du jour : La cible

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Il en est certain. Elle lui fera une très bonne cible, il ne lui manque rien. La quarantaine élégante, habillée chic mais pas choc, cheveux bruns mi-longs, allure sportive, tout ce qu’il faut là où il faut et, détail primordial, pas d’alliance à l’annulaire gauche. Bien sûr, ça ne veut rien dire, mais à cet âge-là, rares sont les femmes mariées qui ne portent pas la bague au doigt. Elle pousse son caddy avec une désinvolture sans doute calculée et prend soin de lire les étiquettes de tous les produits choisis avant de les déposer ou non dans son panier. Il la suit un petit moment, le plus discrètement possible, savourant son heure de gloire à venir. Franchement, il ne voit pas comment elle pourrait refuser, son argumentaire est carrément au point et il l’a même répété avec Fabrice avant de se lancer dans le bain. Fabrice, lui c’est un pro et à cette heure-là, il doit faire un carton de son côté, à l’autre bout du supermarché.

Il n’a pas l’habitude de faire ça dans les grand magasins, mais Fabrice lui a assuré que c’était du gâteau, elles vont lui manger dans la main, « il y en a même qui en redemande » lui a-t-il affirmé, mais là il doit un peu exagérer. « Au moins, a-t-il ajouté, si elle refuse, tu en as toujours une autre à portée de main pour retenter ton coup. »

En tout cas, celle-là, elle lui plaît bien, tout à fait son genre. Il prend son temps pour l’observer. Le geste élégant, le sourire facile, le sourcil gracile, il savoure d’avance de passer du bon temps avec elle.

Dix minutes plus tard, Fabrice le rejoint et lui tape sur l’épaule.

–          Alors ?

–          Nada, que dalle, zéro sur toute la ligne.

–          Et pourquoi ça ? T’avais l’air au point pourtant.

–          Elle est mariée.

–          Et alors ?

–          Ben, le questionnaire est sélectif, le sondage ne s’adresse qu’aux habitudes de consommation des femmes entre 40 et 55 ans, célibataires.

Ecrite le 4 novembre 2013 au Haillan, à  partir de la phrase « Il en était certain. Elle lui ferait une très bonne cible… il ne lui manquait rien. »

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